Extraits de livres publiés par écrivaine française

quelques mots pour essayer de vous faire comprendre ma démarche et ma vie... des extraits...


roman Le prix Goncourt 2013

Le prix Goncourt 2013 est attribué à...
Extraits

Gallimard 3 Lagardère 3 et 4 au vainqueur. Edmonde Charles-Roux pouvait manger le chapeau d’Amélie Nothomb, sa voix ne compterait pas double, fiasco. 2013 entre dans l’histoire du Goncourt, quatre membres du Jury se sourient timidement, sûrement encore incrédules d’avoir osé. Quant aux conséquences réelles, nul ne s’aventure à essayer de les deviner…

- Votre première réaction ?
- J’ai sûrement bénéficié du boumerang de la petite phase d’Aurélie Filippetti « C’est l’éditeur qui fait la littérature », position de l’état confirmée par la loi-cirque sur les livres prétendus indisponibles du vingtième siècle puis les attaques contre Amazon. J’étais là, au carrefour de l’opposition à ce mouvement lourd d’écrasement des écrivains.
- Ce serait donc un vote politique ?
- Jean-Marc Roberts est mort ! Finalement, peut-être, quatre membres du jury ont apprécié ma réaction à son testament, sa dernière déclaration sur « cette gauche des nantis qui tient les médias et l’édition. » J’ai sûrement été le seul à la rapprocher avec l’aveu de Jérôme Garcin à son sujet « il n’est pas très fier de la manière dont, chaque automne, il magouille pour que ses auteurs obtiennent des prix. » J’y gagne un quart d’heure de gloire warholienne et des ventes qui, je l’espère, me permettront de finir ma vie sans perdre de temps avec cette quête du minimum financier, mon quotidien depuis deux décennies.
- L’indignation, l’incompréhension des libraires, vous la comprenez ?
- Les libraires ont depuis si longtemps trahi ce que j’ai appelé le « serment de la librairie », que leurs petites indignations me semblent plus ridicules que crédibles. Ils ont joué le jeu de l’oligarchie, nul doute qu’ils ont les compétences pour devenir de très bons vendeurs d’Ipad ou voitures électriques.
- Mais derrière la fermeture d’une librairie, ce sont des drames humains, ça ne vous touche pas ?
- Les gentils libraires… Vous n’avez visiblement pas éprouvé pareille compassion pour les victimes du passage au numérique de la photo. Combien de boutiques ont fermé à cause des vilains photographes du dimanche qui ne développent plus leurs photos ratées ? Et de toute manière, je vais vous dire, je pense que les éditeurs s’en foutent des petits libraires, sinon, bien avant Internet, ils n’auraient pas accordé des avantages disproportionnés à la grande distribution ! Combien de gentils petits libraires fermés à cause des méchants Fnac, Virgin, Leclerc, Cultura, Carrefour… Non, c’est terminé, Michel-Edouard Leclerc a su faire passer ses magasins du côté des vraies librairies ? Comme Hachette a su devenir un éditeur comme les autres ! Le France contre le monde ! Tout va très bien en France, les méchants ce sont les autres !
- Donc Amazon ne serait qu’une suite logique ?
- La nature a horreur du vide ! L’oligarchie s’était organisée avec les vendeurs pour conserver le maximum possible du prix des livres, en accordant aux petits libraires le minimum vital et aux écrivains le minimum acceptable. En deux décennies, les libraires traditionnels m’ont peut-être vendu une centaine de livres, et encore, tous ne me furent pas payés ! Car avec l’auteur-éditeur, le libraire n’a jamais le temps, donc il doit repasser, repasser, repasser, jusqu’au jour où il comprend qu’il ne sera jamais payé… Amazon est arrivé avec un principe simple : nous sommes des vendeurs, nous mettons à votre service des outils techniques et ne nous payons que sur la marge des ventes de vos livres. Personne ne l’avait fait avant !
- Personne n’avait les moyens de le faire ?
- J’ai expliqué dans un essai qu’un opérateur français peut fournir les 25000 points de vente avec des livres imprimés à la demande… mais qu’ès indépendant, je ne peux naturellement pas entrer dans ce circuit. Je suppose que vous n’avez pas eu le temps de lire tout ce que j’ai écrit dans le train !
- Nul doute qu’un contrat va vous êtes rapidement proposé par l’un de ces grands éditeurs que vous vilipendez…
- On est toujours récupéré, de son vivant ou après ! Astérix en est l’exemple le plus flagrant, finalement tombé dans l’escarcelle Hachette alors qu’Albert Uderzo avait créé en 1979 les éditions Albert René... Nul doute que comme Céline ou Françoise Sagan je pourrais obtenir 18% sur le papier et bien plus en numérique ! Nul doute qu’ils me feront miroiter des revenus dérivés… mais tout simplement, je n’aime pas la manière dont ces gens se servent de la littérature tout en prétendant la servir. Si notre cher Louis Ferdinand avait connu Amazon et l’ebook, je l’imagine difficilement s’abaisser à fréquenter des éditeurs…
- Vous vous situez du côté de Céline, c’est là qu’il faut chercher les clés de votre démarche ?
- Du côté de Céline, ça veut dire quoi ? Aussi infréquentable ?
- Parmi les derniers « grands fous littéraires » ?
- Nous sommes des grands fous mais des fous géniaux, des fous littéraires ! Contrairement à la star de Saint-Germain-des-Prés on ne donne pas son avis sur tout, on ne paye pas à boire aux journalistes pour obtenir des articles, et plus si affinités… Mais tout cela, ce sont des approches de journalistes, y’a ceux qui font les choses et ceux qui veulent trouver le bon plan…
- On pourrait pourtant vous taxer d’opportuniste, avec un tel titre…
- Vous n’avez naturellement lu aucun de mes précédents livres. Je publie depuis 1991, et ce roman semblait destiné à un parcours aussi exceptionnel que les précédents, au mieux quelques centaines de ventes. De nombreuses petites vedettes doivent maintenant s’en vouloir de ne pas avoir eu l’idée d’écrire un livre sous ce titre…
- Ce qui surprend, c’est qu’il s’agit d’un excellent roman !
- Ce qui est quand même rare pour un prix Goncourt, vous voulez dire ?
- Non, pour un texte auto-édité !
- L’auto-édition, c’est la poubelle de l’édition. Tout ce qui n’est pas consacré par une grande maison manque de sève et de saveur ! Bien sûr que l’auto-édition c’est 99% de livres inutiles mais comme l’édition classique c’est 95% de livres inutiles.
- Vous exagérez !
- Quand Philippe Djian le dit dans le magazine Lire, c’est naturellement un constat implacable mais qu’un auteur sorti de l’anonymat juste par la folie de quelques vieux messieurs ose le prétendre, c’est inacceptable.
- Philippe Djian n’a jamais tenu de tels propos dans Lire.
- Attendez… vous voyez, Amazon fait également correctement son boulot d’imprimeur, ce petit bouquin était jusqu’à hier ma meilleure vente



roman Le prix Goncourt 2013


roman Le prix Goncourt 2013


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-- le 25 septembre 2013 à 18 : 12
par annabelle : Gallimard 6 Lagardère 4 !

-- le 23 décembre 2012 à 10 : 12
par Fanny : ces quelques mots me donnent envie d'en savoir plus sur vos livres. A quand la première publication numérique ?